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jeudi, 03 juillet 2008

LE GRAND CAFE DU BALCON

Peu d’entre nous savent qu’à l’endroit où se tient actuellement notre Poste, il existait, dans les années 20, un café.

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photo serge

Cet établissement était tenu par Monsieur David, qui auparavant était propriétaire du Grand Café Glacier, ensuite du Café des Arts et pour finir du Grand Café du Balcon.

Au rez-de-chaussée c’était la grande salle du bar, avec terrasse sur le trottoir.

Imaginez de nos jours, la terrasse à cet endroit stratégique pour la circulation. Heureusement qu’à cette époque bénie, la circulation se réduisait à quelques automobiles, et était surtout faite de « moteurs à crottins ».

A l’étage, se trouvait la grande salle du billard, mais celle-ci abritait souvent des jeux moins innocents, puisqu’on y jouait au baccarat, ce qui était interdit, mais cette activité attirait pas mal de joueurs de Puisserguier et de Béziers.


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Collection Christiane Boerher grand café du balcon.jpg

Le 17 Décembre 1922, vers 2 heures 30, alors que la soirée de jeu venait de se terminer, 10 à 12 joueurs se tenaient autour de la table et comptaient l’argent, le croupier tenait en main la somme de 500 francs qu’on venait de lui remettre. A ce moment là, un certain Domenech demanda qu’on lui remette l’argent. Monsieur David essaya de s’interposer, mais celui-ci fit feu le tuant sur le coup.

L’autopsie révéla 3 blessures par balles : à la face, à l’épaule droite et au côté gauche du thorax au niveau de la 8ème côte, avec perforation de la veine cave, ce qui eut pour effet d’entraîner la mort instantanée.

Le tueur faisait partie d’un groupe de 6 anarchistes espagnols qui résidaient et travaillaient à Puisserguier depuis quelques temps.

Ce groupe qui avait pour nom « Les Incassables » préconisait l’action directe et avait pour but de récolter des fonds pour des accusés anarchistes espagnols.

C’était le secrétaire du syndicat ouvrier de Puisserguier, un français de 26 ans, qui leur servait d’intermédiaire pour la correspondance.

Ce groupe qui fréquentait le café, et jouait même à l’occasion, avait vu tout le parti qu’il pouvait tirer d’un hold-up, et fomenta son mauvais coup.

Quelques jours avant le drame, un ou plusieurs d’entre eux, s’étaient rendus chez un armurier de Béziers pour acquérir 4 pistolets, ce qui ne laissait aucun doute sur la préméditation.

Leur forfait accompli, à la faveur des cris et du tumulte les six individus prirent la fuite, se rendant à pieds jusqu’à Narbonne, où ils prirent le train pour la frontière.

Leur fuite ayant été signalée, trois furent arrêtés au poste frontière de Cerbère et trois autres à Foix, et furent incarcérés à Cette (orthographe de l’époque).

Ils furent jugés à Montpellier en Mars 1923, et condamnés à 20 ans de travaux forcés, pour tentative de vol qualifié, assassinat, complicité d’assassinat et tentative d’assassinat. Ils furent envoyés au bagne de Cayenne en Guyane.

Deux d’entre eux : Domenech José et Tardès Pédro, réussirent à s’évader du bagne le 11 février 1928, ayant probablement trouvé asile au Vénézuéla, comme l’atteste une lettre de l’un deux, expédiée à un de ses anciens employeurs de Puisserguier pour lui réclamer de l’argent. Les recherches furent abandonnées en 1939.

Tous ces renseignements, recueillis aux Archives Régionales à Montpellier, nous ont été aimablement fournis par Georgette Andral-Pujol, petite fille de Monsieur David, que nous remercions pour sa gentillesse et sa patience.

Narration/rédaction : Monique


3b84cffc06baceba81ab0cce6eaf7ebb.gifJe trouve cette histoire très intéressante et tout à fait inattendue. J'ignorai totalement que Puisserguier avait été le centre d'un tel drame ...
marie | vendredi, 25 avril 2008



3b84cffc06baceba81ab0cce6eaf7ebb.gifMerci à vous, j'ignorais aussi que de tels événements avaient eu lieu dans notre paisible village .
Monique as tu des renseignements sur le café qui existait sur la place de l'église ?
je rêve de le voir se ré-ouvrir, et que cette place devienne le point de départ de circulades .
Oui, j'ai besoin de rêver ce matin.
maryse | samedi, 26 avril 2008

3b84cffc06baceba81ab0cce6eaf7ebb.gifTout comme Marie et Maryse, je suis trés surprise par ces faits qui se sont déroulés dans notre petit village ! C'est vraiment intrigant !
Claudie | samedi, 26 avril 2008

Commentaires

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Ecrit par : marie | vendredi, 25 avril 2008

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Ecrit par : maryse | samedi, 26 avril 2008

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Ecrit par : Claudie | samedi, 26 avril 2008

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