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14/09/2008
L’usine à soufre Vidal & Niel, Hebdo 22 (92)
Quatre heure du matin. J’ouvre la fenêtre. Pas un poil de vent. La matinée va être belle et calme, c’est le temps idéal pour soufrer la vigne.
Comme beaucoup de jeunes puisserguierains, dans les années 54 et 55, mon père travailla à l’usine à soufre Vidal & Niel .
La famille Niel vivait dans une belle demeure cossue dont le magnifique parc donnait sur le terrail (tout près du garage Asset) tandis la famille Vidal possédait une grande bâtisse Rue d’Espagne, cette rue même qui précisément conduit à l’usine à soufre.
Hector Lepetit en était le contremaître et était logé sur place avec sa famille. Andrée Rial s’occupait du secrétariat.facture vidal.jpg
Le soufre arrivait directement de Sicile par bateaux à Sète. Un camion transportait les « blocs » jusqu’à Puisserguier afin qu’ils soient broyés. Les quantités étaient assez impressionnantes, jusqu’à 80 tonnes livrées sur deux jours !
L’usine produisait 2 sortes de souffre : le trituré et le sublimé. Le premier utilisé couramment dans la région était, disons, plus grossier, un peu plus « lourd », adapté en somme à nos latitudes ventées. Le second, plus cher , mais d’une finesse extrême partait beaucoup en Bourgogne et Champagne. Au plus fort de la demande, période de traitement de la vigne, 7 ou 8 saisonniers venaient prêter main forte aux permanents. C’est qu’il en fallait des bras pour alimenter la meule, envoyer le soufre au tamis et puis encore ensacher !! Le coup de feu passé, les ouvriers à l’année étaient quelques fois envoyés à la campagne de Gabelas propriété des beaux-frères Vidal et Niel afin d’ effectuer les travaux dans les vignes.
Pour le sublimé, que l’on appelle aussi fleur de soufre, l’opération était plus délicate, plus sophistiquée. Il y avait la fameuse « chambre jaune », dont je vais essayer de vous dévoiler le mystère.
Toutes les demi heures environ, une comporte de blocs de soufre était vidée dans le chaudron situé dans le four avoisinant les quelques 1200°. Sous l’effet de la chaleur, celui - ci devenait liquide et était acheminé par un conduit dans la chambre jaune où il "s’évaporait" pour finalement se redéposer sous forme de fines particules pouvant atteindre une épaisseur de 30 à 40 cm. Pendant 10 jours et autant de nuits le four ne devait pas s’arrêter. Il fallait ensuite attendre 48 heures pour ouvrir la fameuse chambre. Je vous laisse imaginer le spectacle, le crissement du soufre sous les pieds et les vapeurs !!!! Il était ensuite passé au tamis et mis en sacs de 25 kg.
Aujourd’hui le soufre est de moins en moins utilisé par les vignerons qui lui préfèrent les produits systémiques pour lutter contre l’oïdium et les beaux sacs en toile de jute ont été remplacés par des sacs en papier.
Collection et narration Manu
Tout juste rafistolée, je viens ajouter un commentaire à la très belle description de l'usine à soufre faite par Manu.C'est la famille Vidal qui vivait dans la belle demeure qui donne sur le Terrail et la famille Niel route d'Espagne. On peut d'ailleurs y voir les deux soeurs Niel qui viennent encore y passer leurs vacances, puisque contrairement à la maison des Vidal, celle-ci est toujours restée dans la famille.
Bien que cela n'ait pas une grande importance, j'ai pensé qu'il vallait mieux rétablir la vérité.
Monique | vendredi, 08 août 2008
11:42 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Notre village, Famille, Actualités







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Ecrit par : Monique | 08/08/2008
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