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mercredi, 23 avril 2008
Vendanges aux "Goudailles"
En 1960, Grand-père mettait autant de temps pour aller vider ses 12 comportes à la cave coopérative de Puisserguier depuis la vigne des "Goudailles", que n'en met le TGV pour relier Lyon à Paris.
Il faut dire que le transport dépendait aussi du bon vouloir de la mule de service...
Document Internet
Et durant ce laps de temps, seul avec Grand-mère, nous remplissions tous les récipients de grappes de raisins coupées à la main.
A cette époque les petits-fils préparaient ainsi leurs prochaines rentrées scolaires et ils emplissaient aussi leurs têtes de merveilleuses anecdotes.
Narration/rédaction Emile
Où sont les vendanges d’antan !!!
L’arrivée des espagnols dont certains ne sont jamais repartis ayant trouvé une fille à leur goût à Puisserguier, le départ des « colles » tous les matins, l’odeur du moût dans le village, le travail certes, mais dans la bonne humeur, les filles qui se permettaient de « farcir » les garçons et les garçons de « capouner » (mordre ou embrasser) les filles pour la moindre grappe de raisin oubliée sur la souche, la « saquette » tirée du panier et dégustée à l’ombre réparatrice d’un arbre, l’eau fraîche du cruchon en grès, la collation offerte par le propriétaire le dernier jour de la récolte. Autant de souvenirs qu’évoquent pour moi les vendanges.
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Collection Nicole Garin
Je sais bien qu’il a fallu sacrifier à la modernité et surtout à la rentabilité, mais au risque de passer pour la mamie « ronchon » de service, je regrette beaucoup que les traditions se perdent et je me demande bien, ce que vont pouvoir raconter à leur descendance les jeunes actuels.
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Collection Nicole Garin
Narration/Rédaction : Monique
Quel souvenir les vendanges !!
Le départ se fait devant la demeure du propriétaire. Il fait encore nuit et petit à petit les portes de la rue s’ouvrent une à une pour déverser son lot de travailleurs plus ou moins réveillés. Il y a foule, des gens se croisent, se disent bonjour, s’embrassent.
Tous vêtus de vieilles fringues, celles que l’on ne met plus ou que l’on récupère dans la famille pour cette occasion. On lave peu, pas le temps, souvent quand le pantalon tient tout seul, raidi par le jus de raisin, on le jette.
Armé de glacières, de paniers, de sacs plastiques, contenant le ravitaillement pour la journée, chacun se rapproche de son moyen de transport.
Les premiers jours, c’est un peu l’enthousiasme de la nouveauté. On retrouve des amis, on fait la connaissance de saisonniers. Mais au fil des jours ce bel enthousiasme s’estompe.
La fatigue, les conditions météo parfois difficiles, la pénibilité du travail, l’absence de repos dominical, usent les organismes, même les mieux rôdés.
Une fois la colle réunie, on grimpe dans la camionnette, l’estafette, la voiture pour les mieux lotis, ou bien on se cramponne tant bien que mal aux ridelles d’une remorque, sur laquelle, on saute et sursaute, a chaque « culs de poule » ou « dos d’âne ».
Le matin le trajet est calme, une cigarette, un petit mot sur le film de la veille.
On arrive dans les vignes. Chaque « coupeur » récupère un seau, et se place devant sa rangée ?. La « meneuse » donne le top départ en coupant la première grappe. Et c’est partie pour une dure journée de 8 heures, plié en deux, soulevant des seaux pouvant parfois être plus lourds vides qu’avec leur contenu lorsqu’il pleut, et ne « levant la tête » que pour soulager son pauvre dos endolori.
J’aimais beaucoup la première heure. Dans un calme impressionnant, chacun perdu dans ses pensées, on entendait seulement le clac clac des sécateurs, et de temps en temps l’appel au « videur » : « cubo ».
Le matin se lève, le soleil commence à monter dans le ciel déjà presque bleu, et la campagne est silencieuse. Mais ça ne dure pas.
Après le déjeuner, les langues se délient. Blagues, commérages, chansons. Tout y passe, et fait passer le temps plus agréablement.
Le déjeuner à midi permet une pause bien méritée.
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Mais la reprise à 1 heure est le pire moment de la journée, surtout lorsqu’il fait une chaleur torride.
Lorsque j’ai commencé à vendanger avec mon père, il employait des « espagnols » qui venaient parfois des coins les plus reculés d’Espagne. C’étaient des gens très durs au travail, honnêtes, drôles et attachants. On a gardé de très bonnes relations avec ces familles durant de longues années, mais le temps passant, et les vendanges ayant pris une forme plus mécanique !!! Je me souviens qu’ils logeaient chez ma grand-mère Alice, au dernier étage de la maison. Mon père avait aménagé une cuisine et les sanitaires.
Quand ils cuisinaient, on sentait les odeurs d’huile d’olive jusque dans notre cuisine qui se trouvait au rez de chaussée. Ma grand-mère adorait leur faire de petites attentions, et eux la gâtaient en lui ramenant toujours un petit cadeau.
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Collection Nicole Garin & Corinne
En conclusion, les vendanges qui duraient parfois un mois complet étaient une période incontournable dans le village. On les préparait, on prenait les congés souvent pour cette occasion. C’était malgré la difficulté, un moment de convivialité et de chaleur. Parfois même d’entraide.
La mécanisation a changé tout ça. Pour un mieux ou un moins bien, c’est selon !
Les vignes, quant à elles, ont perdu un peu de leur âme. On a coupé leurs arbres, on a comblé leur ruisseaux, on a agrandi les parcelles, on a goudronné ou bétonné leur chemin d’accès.
Il nous reste tout de même le produit de ces vendanges qui lui par contre est allé en s'améliorant.
J'ai envie de reprendre un slogan qui a eu son heure de gloire "L'eau est polluée, buvez du vin".
Narration/Rédaction : Corinne
Un autre dicton, venant du jura (également région viticole) de Mr PASTEUR : Le vin, boisson hygiéniquemarie | mercredi, 23 avril 2008
17:25 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Notre village, Famille






