28/06/2009

5 - Bru le "journaliste"

journaux 4.jpgCertainement que bien peu de gens se souviennent, que l’ancêtre de la Maison de la Presse à Puisserguier, se trouvait au fond à droite, dans la petite rue Gutenberg.

C’est là que demeurait la famille Bru.

Tous les matins Monsieur Bru, que l’on appelait « le journaliste », faisait sa tournée, distribuant les journaux dans le village et à Creissan, alors que Madame Bru avait en charge la route de Béziers et la route de Capestang. Plus tard, c’est leur fille aînée Jeannette, qui remplaça son père à Creissan, où elle se rendait à vélo.

A l’époque il s’agissait de l’Eclair, de l’Indépendant et du Petit Méridional, en tout cas ce sont les titres qui me viennent à l’esprit.

 

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Je le revois encore, frêle silhouette, bardé de sa sacoche, avec sa petite trompette pour annoncer son passage.

Madame Bru tenait le magasin, qui se résumait à une toute petite pièce. Pour y accéder, si ma mémoire est exacte, il fallait descendre une marche. Dans ce magasin on trouvait  Match, le Petit Echo de la Mode, les Veillées des Chaumières, Nous Deux, Confidences, Intimité, des journaux de broderies ou de tricots et pour les enfants : la Semaine de Suzette, Lisette, les Pieds Nickelés, Bibi Fricotin et certainement bien d’autres dont j’ai oublié le nom.

 

 

journaux 2.jpgCependant à cette époque là, les titres de la presse n’étaient pas aussi nombreux qu’à l’heure actuelle.

Jeannette, leur fille aînée, qui m’a aidée pour la rédaction de cet article, m’a confirmé qu’il existait déjà des livres ou revues à ne pas mettre entre toutes les mains. Ces revues étaient placées tout en haut des étagères afin d’éviter que les enfants puissent y avoir accès.

J’ai toujours été une lectrice « acharnée » aussi quand j’avais quelques francs ou centimes, je me précipitais chez Bru pour y acquérir, surtout à l’époque de ma prime adolescence, le magazine Rêve, que je lisais en cachette de ma mère qui aurait préféré me voir occupée à des ouvrages de jeunes filles : tricot ou broderie.

Désobéir a quelquefois du bon. Le goût de la lecture était tellement fort, que cela a développé chez moi le goût de l’écriture.

Rassurez vous, je ne me prends pas pour un écrivain chevronné, mais si j’avais écouté les conseils maternels je ne serais certainement pas en train de vous faire partager mes souvenirs du Puisserguier ancien.

Par la suite ce fut le fils Georges qui prit la succession. Lorsque le coiffeur Cauquil, sur la promenade, ferma ses portes, Georges y transféra son commerce qui ne put que prospérer du fait de sa meilleure localisation.

Après le passage de plusieurs propriétaires : Teysseire, Pambrun et certainement d’autres dont j’ai oublié le nom, le magasin est tenu par  les sympathiques Christine et Bernard Sagnes depuis  maintenant quelques décennies.

 

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En conclusion on peut dire que dans la famille Bru les journaux étaient une histoire de famille, puisque déjà la mère de Monsieur Bru qui habitait au Château, s’occupait de la distribution des journaux sur Puisserguier, Creissan, Quarante et Cruzy.

 

Narration/rédaction Monique d'après propos recueillis auprès de Jeannette Escudié, Illustrations d'après internet, collection Sagnes, photo serge