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lundi, 05 septembre 2011

L’entreprise Prouzet

Les Puisserguiérains les plus âgés se rappellent certainement avoir connu, dans les années 1900, l’entreprise de peinture de Monsieur Prouzet qui demeurait dans la rue de la République, à l’endroit où plus tard habitait Monsieur Roques, également peintre de son état.

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Monsieur Prouzet n’avait qu’une fille Lucie, qui plus tard épousa Auguste Bourdel. De cette union naquit un fils Eugène qui le temps venu, fit l’apprentissage  du métier avec son grand-père. La succession était donc assurée.

 

En 1932, année du décès du grand-père, Eugène, peut-être un peu fatigué de la peinture, alla voir s’il faisait meilleur dans la viticulture et devint ramonet pendant une petite année. Il faut croire qu’il n’y trouva pas son compte, puisqu’il revint bien vite à ses pinceaux.

 

Lorsque le fils Pierre eut passé le certificat d’études, son père qui avait certainement rêvé pour lui d’une carrière de fonctionnaire, l’envoya au cours complémentaire de Capestang, comme beaucoup de petits puisserguiérains  de  cette époque.

C’était sans compter avec la volonté de Pierre que les études n’emballaient pas outre mesure, et qui ne rêvait que d’une chose, apprendre le métier sous la houlette de papa. Après une première année, le chemin de Capestang fut repris à la rentrée suivante, mais à la fin du premier trimestre, Monsieur Bourdel comprit qu’il ne fallait pas insister et se rendit à l’évidence.

Pierre me racontait récemment que lorsqu’il avait appris qu’il ne retournerait plus à l’école,  il en avait pleuré de joie.

Dans les années 52-53, la viticulture connut une grave crise et le travail se fit rare pour tout le monde, en particulier pour les artisans, qui dans nos régions dépendent en grande partie des propriétaires viticulteurs.

Pierre qui était alors formé au métier, s’exila à Toulouse où il travailla dans une entreprise pendant quelques mois et ensuite à  Béziers pendant deux ans et demi.

Lorsque Monsieur Bourdel prit sa retraite en 1968, c’est Pierre qui lui succéda, secondé pendant quelques années par son fils Gérard et André Soulagne.

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On peut donc dire que l’entreprise Prouzet a définitivement fermé ses portes en 1992, année où Pierrot a pris sa retraite.

J’ai pensé que je me devais de l’évoquer pour vous, puisqu’on peut dire qu’elle a pratiquement  régné pendant 90 ans sur la vie artisanale du village.

Rédaction/narration : Monique

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