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mercredi, 10 août 2011

Le Pressoir

Parlant du pressurage, j'ai mis la charrue avant les bœufs en évoquant le travail avant de s’arrêter sur l'outil: le PRESSOIR, "La prinsso", qui a son histoire ne serait-ce que par la place importante qu'il tenait dans les caves de chez nous où il occupait une bonne surface.

mémoires de puisserguier

Le magnifique pressoir du Pech St Paul
              Dans le bas du pressoir on trouvait la sole formée d'une bonne couche de ciment et tout autour un rebord en pierre ou en maçonnerie d'environ 20cm de hauteur. La sole accusait une légère pente vers un trou percé dans le rebord et muni d'un bec extérieur par lequel le vin extrait du pressurage coulait dans le " champot".

 Sur l'origine de ce mot je n'ai rien trouvé de certain. Il n'est pas impossible qu'il provienne du vieux français "escamper" qui signifie partir ou tomber.
Au centre de la sole, s'élevait la vis centrale. Les plus anciennes étaient en bois, et ensuite en métal et mesuraient une quinzaine de cm environ  pour une hauteur variant de 1,50 à 2 mètres. On peut retrouver encore certaines vis en vois transformées en lampadaires. Elles sont devenues des œuvres d'art.... parce  qu'elles le valent bien !

Les autres éléments du pressoir portaient des noms qui m'ont intrigué. Non pas à l'époque, mais aujourd’hui, près d'un siècle plus tard.

Ainsi les manteaux ou " mantals" dont on recouvrait la pressurée; faut il y voir un rapport avec par-dessus ou pardessus ?

Sur lous mantals étaient posées les anguilles. Là, j'hésite sur ce mot. Que viendraient faire ici des anguilles ? Ne s'agirait’ il pas plutôt des " enquilles" mot dérivé de l'occitan s'enquiller, signifiant se glisser, s’engager, s’introduire. Ces poutres de bois se glissaient  justement entre les manteaux et le souc.
Le souc, un mot qu'on pourrait penser provenir de souche puisqu'il était en bois. Je pense plutôt  - ça n'engage que moi- que ce terme provient  de l'occitan "souquer" qui signifie errer très fort. C'était bien le rôle du souc de serrer très fort la pressurée.

Le souc était arrimé au mécanisme qui permettait sa montée ou sa descente sur la vis centrale.

 

mémoires de puisserguier

 

Ce mouvement ascendant ou descendant était assuré par une roue, sorte d'énorme écrou placé sur la vis centrale et dont la rotation était rendue possible par un système de clavettes. Mais je n'ai jamais entendu prononcer le terme de clavettes. On disait "las pététos" doit on traduire par poupées, dès lors qu'elles bougeaient alternativement dans le mécanisme, un peu à la façon d'ainsi font les marionnettes. Ou bien en raison du bruit de clic-clac qu'elles produisaient, faut il chercher à partir du verbe péter, celles qui pètent. 

A vous de voir comme dirait Laspadès.

Narration, Jacques

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