Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

jeudi, 10 janvier 2013

Le bazar Compan

Revisité avec Carmen Coll

 

"Ma marraine Madeleine Compan, avait le plus grand bazar du village, situé rue de Belfort, près de la promenade, il communiquait avec la rue de la Bastille (derrière le Café des Arts

 

Bazar Compans 1.jpg

 Sur la photo de gauche, on entrevoit les rideaux de fer qui étaient montés et baissés le soir, ainsi que la vitrine à côté où ma marraine avait sa cuisine à côté du magasin, ce qui lui permettait de venir rapidement.

Ce magasin était à l’avant-garde. Il était agencé dans le style des grandes surfaces avec allées très longues et passages transversaux ce qui permettait de se déplacer facilement et de voir les marchandises situées dans de grands meubles en bois massif, avec placards très grands au bas et étagères.

 

On y trouvait de tout : bimbeloterie, maroquinerie, mercerie, droguerie, bijoux, perles pour collier, bracelets, jouets pour filles et garçons, bébés (hochets, petits moulins musicaux et à vent) toutes qualités de laines à tricoter, avec plusieurs marques, en priorité la laine Phildar, des magazines de mode, des romans. Le tout était rangé de façon indépendante. Il y avait même un peu d’armurerie (fusils à plombs pour garçons), des friandises : bonbons, caramels, guimauves, noix de coco, surprises que les enfants ouvraient rapidement soucieux de découvrir ce qu’il y avait à l’intérieur.

 

Je me souviens que le dimanche lors des entr’actes du cinéma, les adolescents venaient en bande acheter les bonbons qui se trouvaient dans des meubles vitrés très grands et chacun désignait du doigt ce qu’il désirait. J’étais chargée de surveiller.

 

Je revois la balance Roberval avec ses plateaux en cuivre qui servait à peser les bonbons au détail et je sens encore leur odeur : anis, réglisse, menthe.

 A la Noël, période importante pour les enfants, le magasin prenait un air de fête, avec ses guirlandes et ses boules. Lorsque les parents venaient acheter les cadeaux, je secondai ma marraine pour surveiller. Les papas jouaient quelquefois avec les toupies et les trains électriques et ensuite oubliaient souvent de remettre la clef en place.

 

Les fêtes du village étaient aussi une période importante. Les photographes ambulants qui venaient sur la promenade, exposaient leurs photos dans une des vitrines. S’en suivait le défilé des badauds avec leurs réflexions quelquefois amusantes.

 La communion solennelle donnait lieu à la vente des missels, chapelets, pochettes, brassards pour les communiants. Je revois les jeunes communiants et communiantes entrer timidement avec les mamans pour choisir.

 Outre la Noël, Pâques était aussi une période très marquante avec la vente au détail d’œufs en chocolat. Quelquefois un gros œuf était loté et j’étais chargée de faire les tableaux numérotés ainsi que les papiers. Un enfant était par la suite chargé de tirer le bon numéro.

 

La fête des mères et des pères voyait arriver aussi les enfants avec leurs économies et quelques uns amenaient leur tirelire.

Où est-ce temps actuellement à l’époque des ordinateurs.

On choisissait avec beaucoup de soin et d’amour le cadeau pour maman ou papa. Ma marraine avait à cœur de faire de beaux paquets cadeaux avec de jolis rubans. Quel bonheur et quelle joie sur le visage des enfants et que de beaux souvenirs."

 

Carmen Coll.

 

Bazar Compans 2.jpg

 Dans la vitrine de droite il y avait une grande poupée en porcelaine, très haute et articulée au niveau des bras et des genoux. Cette poupée est toujours restée dans la vitrine, quelquefois assise sur une petite chaise.

Ma marraine l’habillait et changeait souvent les vêtements, suivant la saison. Elle lui mettait de belles robes en dentelles, changeait sa coiffure avec des perruques différentes, des petites chaussures vernies noires, avec socquettes blanches. Elle était maquillée (pommettes, rouge à lèvres, yeux articulés avec de beaux cils) Elle attirait beaucoup d’enfants ainsi que des mamans qui regardaient la façon dont elle était habillée avec goût, selon une idée très originale de ma marraine. A l’époque tout cela était très remarqué, je pense que cela le serait moins actuellement.

 

On voit aussi dans la vitrine de droite, des gaines suspendues, des foulards au bas de la vitrine, des parfums et sur le côté des cartes postales de l’époque.

 

Dans la vitrine de gauche balance de ménage pour fillettes, hochets suspendus sur l’étagère du haut, statuettes en bas (petit chien, cheval) miroirs au milieu.

 

Les vitrines étaient toujours bien achalandées et renouvelées en permanence, c’est pourquoi elles attiraient beaucoup de monde. (…)

 

Ah ! ces odeurs de cuir

 

J’ai toujours le souvenir des bruits, des va et vient dans le magasin des clientes bavardes, des représentants de commerce qui venaient assez souvent, des odeurs, des clientes qui prenaient la laine dans la rue pour bien voir les couleurs non déformées par la lumière, des aiguilles à coudre numérotées, de l’extra-fort mesuré sur une règle en bois, des boules pour teindre les tissus en droguerie.

 

 

Commentaires

Merci Carmen pour cette chronique du passé.
Cela nous éclaire sur des anciens commerces qui hélas existent de moins en moins aujourd'hui.
Mais ils nous restent les bâtiments qui témoignent du passé.

Écrit par : magnette annie | jeudi, 08 mars 2012

Les commentaires sont fermés.