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mardi, 18 décembre 2012

Antoine, alias « Frimaire ».

Antoine Chappert 1.jpgAntoine CHAPPERT,

est né le 4 septembre 1895 à Puisserguier et décédé en janvier 1976

Il se marie le 9 février 1921 avec Alice Soum, de Puisserguier et a deux enfants: Thérèse née en 1922 et André né en 1925

Il fait la guerre de 1914 dans le "Génie", ce qui cassera son rêve d'entrer à l'Ecole Navale.

Il se tournera alors vers l'Enregistrement, les Domaines et le Timbre où il travaillera dans le Vaucluse, l'Aveyron et la Charente quelques années.

 

Il sera nommé ensuite dans la Haute Loire (Monistrol s/Loire) où il restera 20 ans (les mutations ayant cessé à cause de la guerre de 40)

Il finira sa carrière à Nîmes où il passera sa retraite.

 

Antoine Chappert 2.jpgPassionné de chasse, de pêche et de pétanque, il a écrit de nombreux articles dans le « chasseur français » sous le pseudo de « Frimaire » de 1941 à 1952, dont certains ont été repris dans 2 ouvrages :

 

- « En chassant à travers champs, bois et marais » en 1943, et

- « Chasses et chasseurs » en 1950.

 

"Chasses et chasseurs" est un recueil de souvenirs et d’histoires de chasse au petit gibier et au gibier à plumes, une de ses grandes passions, dans le midi de la France, et en particulier dans la région de Béziers. (Illustré de croquis de Joseph Oberthür).

 

Sources photos : Cécile Roiron Dubu (petite fille d’Antoine Chappert)

 

Chasse et chasseurs.jpg

 

Ses 2 sœurs Rose Marie (1892-1942) et Henriette Chappert ont, soit consigné leurs souvenirs, soit écrit des contes et poèmes.

Elles ont, par ailleurs, conservé quelques écrits d’habitants de Puisserguier.

 

Les Mémoires d’Henriette s’intitulent :

 

 - Maréchal Pétain

- Première opérée en France de l’appendicite à Puisserguier

- Les trois portes de Puisserguier

- Puisserguier, ville miraculée

- L’ermite de Saint Christophe

- Pomaredes le voleur

 

Nous diffuserons (avec l’autorisation de la famille) certains de ces récits soit sur le blog, soit dans un cahier spécial.

 

Vous trouverez ci-après quelques lignes des « Notes bitéroises » tirées du Chasseur Français N°603, de novembre 1941 (page 518), qui parlent de notre village.

 

 Si, d’aventure, les hasards de la route vous amènent quelque jour en pays biterrois, ne manquez pas de vous arrêter quelques heures dans la capitale de cette région bénie des dieux, où coulent, telles trois sources intarissables, le vin, la richesse et la bonne humeur.

….. Puis, quittant la ville par la nationale qui file vers Toulouse, vous vous retrouverez au milieu de la verdoyante immensité des vignes où, chaque année, des millions de ceps, naît l’énorme quantité de ce breuvage couleur de rubis et vieux comme le monde, au cœur duquel il met la joie.

… et continuez votre route.

….Après quelques minutes, vous traverserez M ..., village vinicole comme ils le sont tous, là-bas ; quelques kilomètres encore, et déjà vous trouverez que le paysage change un peu puisque l’horizon se relève d’une ligne bleue plus précise : le commencement des Cévennes, ou, du moins, de leurs premiers contreforts.

 

Alors, vous voici à P ...

Là, commence la transition entre la grande plaine verte et la garrigue caillouteuse, prélude à la montagne. mémoires de puisserguierPour si peu que le « cers » souffle un peu, il vous apportera la prenante senteur des thyms et des lavandes qui poussent aux flancs des coteaux à terre rouge. C’est là que je vous conseille surtout de vous arrêter un instant.

S’il fait chaud, entrez donc à « La Bourse » ou « Aux Arts », ou dans quelque autre de ces cafés qui sont sur votre passage.

Vous y trouverez toujours, avec de la bière fraîche, quelqu’un prêt à combler votre curiosité. Il y a toujours là quelques flâneurs, et, n’en doutez pas, ils sont tous ou ont tous été chasseurs. Vous y glanerez de belles histoires, car il y a eu des types de chasseurs célèbres dans le pays. Célèbres, les uns par leurs exploits, d’autres par leurs manies, d’autres, enfin, par leur originalité.

 

Demandez donc, tenez, si vous avez affaire à quelque ancien, que l’on vous parle un peu de G ... Souffrez que je ne précise pas davantage son identité, soyons discret, bien que le pauvre homme ne soit plus de ce monde depuis déjà de longues années et qu’il n’ait plus, que je sache, de parents dans la localité. Je vous dirai seulement qu’il avait tiré un surnom d’une invention imaginaire, je crois, dont il parlait avec amour en disant que le travail se faisait tout seul « sans pomper ». C’était un gros bonhomme à la mine enluminée, à la moustache blanche, toujours soufflant : c’est ainsi que je l’ai toujours vu, d’ailleurs, ne l’ayant connu que dans ma jeunesse, alors qu’il était, déjà, sur ses vieilles années. Chasseur, mais braconnier aussi, et qui avait eu, bien des fois, les gendarmes à ses trousses 

….Mais il y avait toujours quelque farceur pour lui faire des niches. Tel ce chasseur qui, un jour, battant la garrigue et ayant entendu rappeler les perdreaux, s’approcha avec mille précautions et se trouva, tout à coup, en face de la cage de G ..., au lieu de la compagnie convoitée ! Alors, repérant le buisson où l’autre devait être blotti, il s’éloigna, fit le tour sans être vu et, venant par derrière, lui jeta avec brusquerie et d’une terrible voix de gendarme ces mots redoutables : « Cette fois, vous voilà pris ! » Ah ! quelle scène, mes amis !

 

Tremblant de tous ses membres, ne pouvant articuler une parole, la pauvre G ... faillit tomber à la renverse de saisissement. Il lui fallut cinq bonnes minutes pour reprendre ses esprits, pendant lesquelles l’autre se repentait presque de sa farce. Un coup à en attraper une belle jaunisse ! ...

 

 Une autre fois, par une belle journée de novembre, il avait emmené avec lui, pour la chanterelle, un chasseur de ses amis.

….. Le cheval fut attaché à un olivier ; G ... plaça la cage sur un tas de cailloux, à proximité d’une touffe de chênes verts où il se blottit, tandis que l’ami allait battre les environs pour pousser les perdreaux vers la chanterelle. Des perdreaux, il y en avait, bien sûr, et plus qu’à présent il y en avait d’autant plus que le rabatteur fit un savant crochet dans une grande propriété dont le maître faisait garder la chasse et, les prenant à revers, poussait, l’une après l’autre, les compagnies hors des limites vers le poste de G ...

Et il en partait ! De temps en temps, notre homme s’arrêtait. Il entendait alors, dans le grand silence parfumé de la garrigue, le rappel du perdreau prisonnier, auquel les autres répondaient. Mais pas un coup de feu, rien. Enfin, au bout de deux heures de marche, il se rapprocha pour se rendre compte de ce qui se passait Et, quand il arriva au poste d’affût, une espèce de grognement sortit de la touffe : G ... s’était simplement endormi et ronflait comme à minuit ! Mais l’ami fut guéri, et pour longtemps, de la chanterelle. ..

 

Il y avait aussi ...

 

Mais je m’aperçois que temps et papier me sont limités.

Alors, si vous le voulez bien, ce sera pour la prochaine fois.

Frimaire.

 

 

 

Cécile,

sa petite fille, nous a transmis certains écrits de son grand père qui n’ont pas été publiés.

Ci-après un poème sur Puisserguier poème frimaire.pdf 

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