Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

dimanche, 06 octobre 2013

L’escobilhaire

Dans notre village, le ramassage des ordures ménagères n’a pas toujours été géré de la façon que nous connaissons actuellement.

Si je remonte loin dans mes souvenirs, je me rappelle, que la commune donnait en adjudication le ramassage des ordures à un particulier.

Je revois Monsieur Turuella, père de Jean et grand-père des frères Herrero, qui passait dans les rues du village avec son cheval attelé à un tombereau bleu.

 

mémoires de puisserguier

 

Ceci se passait dans les années 40 et à cette époque là, on ne connaissait pas les poubelles, tout au moins à Puisserguier. Ce qui veut dire que les ordures étaient déversées en tas, à même la chaussée, devant chaque maison. mémoires de puisserguier

Elles étaient ramassées avec une grande pelle et un énorme balai de bruyère. Je vous laisse penser le travail que cela représentait

Monsieur Turuella ne pouvant passer que dans les grandes artères, l’intérieur du village était nettoyé par une dame qu’on appelait la Marinou. Equipée d’une brouette, d’une pelle et d’un balai elle ramassait les ordures et les transportait à un endroit précis qui servait de relais.

Lorsque le tombereau était plein il était déversé dans une décharge sauvage, à ciel ouvert. A ce moment là on les déversait à la Rouquette, avant de les amener bien plus tard, à l’endroit que l’on nomme actuellement le plan des quatre vents.

 

mémoires de puisserguier

 

Les décharges de cette époque n’étaient ni gardées, ni règlementées, ce qui faisait le bonheur des « fouineurs » et des collectionneurs. Si on se trouvait là au bon moment, on pouvait faire des trouvailles pour le moins intéressantes : vieux papiers de famille, vieux journaux, objets devenus aujourd’hui obsolètes mais qui actuellement font la joie des amateurs de vide greniers.

 

La mission de Monsieur Turuella ne s’arrêtait pas là. Lors des enterrements, il attelait son cheval au corbillard. Pour les enterrements il existait trois classes, (tout au moins à l’église) Lors des enterrements de première classe, le cheval était tout caparaçonné avec des « vêtements » noirs liserés de blanc, et le corbillard était orné de plumets noirs à chaque angle. Ce qui ne manquait pas d’impressionner la petite fille que j’étais alors. Du cheval on ne voyait que les jambes et deux yeux noirs qui perçaient à travers les fentes des oeillères.

 

Ce mode de ramassage prit fin sous la municipalité "Garrigue". La commune fit alors l’acquisition d’un camion benne que conduisait Robert Gleize, qui était assisté d’une personne qui déversait les poubelles dans la benne. Je pourrai citer plusieurs noms d’assistants mais le dernier fut, du moins je le pense, Roger Aguilar. Tous les déchets étant jetés en vrac, les jours de grand vent, le pauvre Roger, en prenait plein la figure, surtout en période hivernale, lorsqu’il y avait beaucoup de cendres.

Comme il n’y avait plus de cheval la commune fit l’acquisition d’un fourgon qui avait été réformé par les PFG, pour servir de corbillard. Deux employés municipaux étaient donc chargés des pompes funèbres. C’est état de fait perdura sous le long mandat de Lucien Dachary et sous celui de Francine Sénégas.

Plutôt que de remplacer le fourgon, qui était devenu obsolète, et de faire agréer une personne supplémentaire, Jean-Claude Jany qui entre temps était devenu le nouveau maire, préféra mettre un terme à cette longue coutume et délégua ce service à « une firme spécialisée » ce qui représente, sans conteste, un coût beaucoup plus élevé pour les familles.

Je regrette beaucoup cet état de fait, car c’est bien connu, actuellement on fait commerce de tout, même avec la mort.

Je ne vous dirai pas sous quel maire, (M. Dachary, Mme Sénégas ?) la commune se dota d’un camion benne performant, parfaitement adapté au ramassage des ordures ménagères, ce qui fut un progrès considérable, suivi d’un autre progrès lors de la fermeture de la décharge à ciel ouvert.

Elle avait beau être entourée d’un grillage d’une hauteur respectable, les vignes alentour bénéficiaient des apports de sacs plastique charriés par le vent, ce qui était tout d’abord très inesthétique et certainement pas très ragoûtant pour les propriétaires riverains, surtout au moment où la récolte était là, bien appétissante. 

 

mémoires de puisserguier

Dorénavant c’est la communauté des communes qui se charge du ramassage des ordures pour toutes les communes qui la composent, avec un immense plus, puisque nous sommes passés à l’heure du tri sélectif.

Narration/rédaction : Monique

 

 

@ Bonjour,

mémoires de puisserguierJ'ai 51 ans et suis originaire de Balaruc Le Vieux (La Capitale).

Dans ce Balaruc là, il y a le Truc de Balaruc et le Muge est l'animal totemique du village où vivent ses habitants, les Enfangach (les enfangués à cause de la vase de l'étang).

Bon, bref, jusqu'au début des années 70, j'ai connu l'escobilhaire dans ma commune et il avait les mêmes outils (cheval, puis tracteur avec un tombereau) et promenait une "tinette" où les particuliers vidaient leur pot de chambre.

 

mémoires de puisserguier

 

Il avait aussi les mêmes attributions qu'à Puisserguier concernant les Pompes Funèbres.

Cordialement,

Eric.

P.S. : Pardon pour le cheval qui n'est pas un outil mais une bête magnifique. 

Commentaires

Bonjour,
J'ai 51 ans et suis originaire de Balaruc Le Vieux (La Capitale).
Dans ce Balaruc là, il y a le Truc de Balaruc et le Muge est l'animal totemique du village où vivent ses habitants, les Enfangach (les enfangués à cause de la vase de l'étang).
Bon, bref, jusqu'au début des années 70, j'ai connu l'escobilhaire dans ma commune et il avait les mêmes outils (cheval, puis tracteur avec un tombereau) et promenait une "tinette" où les particuliers vidaient leur pot de chambre. Il avait aussi les mêmes attributions qu'à Puisserguier concernant les Pompes Funèbres.
Cordialement,
Eric.

P.S. : Pardon pour le cheval qui n'est pas un outil mais une bête magnifique.

Écrit par : FRANC Eric | lundi, 29 avril 2013

Bonjour à tous, Mon age me permet de remonter au ramassage de ordures tel qu'il était réalisé avant lla guerre 39/45. Il etait pratique dans les mêmes conditions que celles décrites pour M. TURUELLA . Mais il était assuré par une dame dont j'ai oublié le nom, mais surtout pas le surnom de.... La Joconde. Qui se souvient encore d'elle. Elle habitait jre crois me souvenir, route de capestang, et avait la rféputation d'une femme de caractère.

Bien cordialement.

Écrit par : jacques | mercredi, 08 mai 2013

Les commentaires sont fermés.