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samedi, 26 octobre 2013

Le salon de Jeanne

 Jeanne Coll, plus connue au village sous le nom de Jeanne Boujassy était coiffeuse, rue de la Bastille.

 

mémoires de puisserguierSa fille Carmen, nous raconte ses souvenirs.

 

" Le salon de ma maman, était une grande pièce ajourée par deux fenêtres.

Je revois deux fauteuils en cuir marron, avec appuie tête. Le bas de chaque fauteuil était en marbre blanc ; il y avait une pédale pour régler la hauteur.

En face des fauteuils, il y avait deux tablettes en marbre blanc, avec deux grands miroirs et deux repose-pieds au sol.

En entrant dans le salon il y avait un comptoir très grand, fait par M. Auziale père, au mur une vitrine, également faite par M. Auziale, où se trouvaient les produits de beauté : poudre, rouge à lèvres, vernis à ongles, poudre pour pommettes, eau de Cologne, parfums.

Que de souvenirs dans ce salon de coiffure et que de changements il y a eu depuis. (…)

 

mémoires de puisserguier

 

 Je revois l’appareil à permanentes, dangereux d’ailleurs, où la cliente était reliée par des fils électriques à un casque suspendu. Je montais sur un tabouret pour faire de l’air avec un carton à la cliente qui avait trop chaud.

Les mèches de cheveux étaient enroulées sur des bigoudis en fer serrés avec une pince.

Au final la cliente sortait frisée. Il fallait avoir beaucoup de dextérité et bien respecter les temps de pause pour ne pas avoir de perte de cheveux.

Maman lavait les cheveux avec un hydrocap, j’ai toujours entendu ce nom pour désigner finalement un récipient qui avait au-dessus une fermeture type douche.

On appuyait sur un bouton  pour faire couler l’eau que ma grand-mère faisait chauffer dans la cuisinière. Que de va et vient de la cuisine au salon ! (…)

 

Que de progrès depuis avec les chauffe-eau au gaz ou électriques.

 

Ensuite il y avait les fers à friser que l’on mettait sur un petit appareil composé d’un réservoir à alcool, surmonté d’une mèche et de deux supports.

Les fers étaient de plusieurs dimensions. Petits (les crans étaient petits), moyens (crans moyens), gros (crans gros)

Friser et cranter, c’était un travail d’artiste que je regardais faire avec admiration. Il ne fallait pas brûler les cheveux, ce qui était donc risqué.

Le principe était le suivant : une fois le fer chauffé moyennement, on l’essayait sur un papier journal, qui fumait évidemment. 

 

Ah ! Cette odeur !

 

mémoires de puisserguierEnsuite on faisait tourner le fer pour le refroidir sur un axe, ce qui demandait beaucoup d’agilité, ensuite on approchait le fer de la joue pour tester la chaleur et on commençait à cranter la chevelure, notamment le devant et les deux côtés. La mode étant aux coiffures crantées, qui n’avait pas son cran ?

La cliente ressortait frisée comme un mouton (deux permanentes par an étaient suffisantes) et avec un ou plusieurs crans.

Je regardais maman manipuler ses fers avec réussite au final et toujours surprise du résultat.

Je mesure le chemin parcouru avec la minivague et le brushing.

On faisait aussi des anglaises au fer. Le cheveu était enroulé sur le fer chaud et ressortait en tire bouchon. J’ai donc eu mon lot d’anglaises lors de ma communion solennelle. (…)

 

Cela se faisait, bien sûr, sur cheveux longs et je suppose que les coiffeuses devaient avoir mal aux poignets car il fallait forcer.

 

mémoires de puisserguierJe me rappelle de petits fers à friser pour messieurs, pour friser les moustaches et les rouflaquettes.

La mode étant la même pour tout le monde, et elle a duré longtemps,  il fallait donc avoir des crans.

Le cran était une ondulation qu’il ne fallait pas rater, sinon le résultat était catastrophique, on cassait le cheveu.

Les crans pouvaient aussi se faire, avec les doigts,  sur cheveux mouillés après le shampoing, on les appelaient les crans à l’eau. Quel travail ! (…)

 

Je me souviens également  des séchoirs sur pieds, très bruyants.

Puisserguier avait plusieurs coiffeuses et coiffeurs. (…)

 

Une fois par an, avait lieu une réunion entre coiffeurs pour l’application égale des tarifs, ce qui ne serait pas admis actuellement.

Quelques anecdotes me reviennent en mémoire, par exemple Mme Aymard qui partait faire ses courses  en laissant la cliente sous le séchoir, Maman qui coiffait le soir tard, après souper, les commerçantes qui à cette époque là ouvraient en continu ; cela les arrangeait bien.

J’ai conservé l’hydro cap ainsi que les fers et le réchaud, le matériel était solide à cette époque.

En revanche les séchoirs et l’appareil à permanente n’ont pu être conservés.

Que de souvenirs dans ma tête, des gestes mais aussi des odeurs !!!

 

mémoires de puisserguier

 

En conclusion la description de l’évolution du fer à friser et à cranter.

A l’origine, manches en fer non isolés. Vint ensuite une amélioration par des manches en bois.

Puis il y eu le fer à gaufrer les cheveux.

Bien plus tard, ce fut l’apparition du babyliss, (fer électrique avec un thermostat)"

 

Carmen Coll

jeudi, 24 octobre 2013

Rencontres autour de l’Occitan !

 

Bonjour,

Nous vous rappelons que nous avons mis en place le  Cercle occitan des MémoiRes.

 

Les rencontres ont lieu tous les :

 jeudis à 17 heures au Centre de Ressources.

 

La durée de la séance est de 1 h 30.

 

Activité ouverte à tous et gratuite

 

N'hésitez pas à en parler autour de vous.

 

Le bureau tient à remercier très sincèrement Anne Marie et Pierre Faure pour leur investissement bénévole et leur gentillesse.

Sans eux notre idée n'aurait pu être concrétisée.

 

Petit à petit, comme vous le voyez, la vie du Centre de Ressources continue à s’organiser.  

 

Bien cordialement.

Corinne et le bureau

  Cercle Occitan des MémoiRes

Centre de ressources, Rue de la gaie sortie

34620 PUISSERGUIER

04 67 93 79 58 / 06 76 47 20 57

 

mémoires de puisserguier

 

Tous les jeudis à 17 heures

Au Centre de Ressources des MémoiRes

Ouvert à tous

Gratuit

vendredi, 18 octobre 2013

Les MémoiRes revisitent le Certif...

mémoires de puisserguier   

 

 

 

 

imanche soir, 13 octobre, les membres de notre association clôturaient le mois du patrimoine et mettaient un terme à toutes ces belles journées, riches de précieuses rencontres, avec un public friand de la mémoire de son passé plus ou moins proche.

 

En effet, plusieurs centaines de visiteurs (principalement venus de l’extérieur) ont franchi le seuil du Centre de Ressources pendant ces 4 semaines dédiées au Patrimoine vécu de notre village.

 

Le bilan demeure, plus que jamais, encourageant pour la continuité des activités des MémoiRes (aujourd'hui en pleine maturité), au regard de l’intérêt grandissant de toutes ces personnes qui ont passé beaucoup de temps à écouter nos bénévoles  leur conter et leur expliquer l’histoire de ces objets emmagasinés depuis plus de 7 ans (pour se faire une idée, environ 2700 pièces répertoriées)

 

Le Centre de Ressources étant un lieu vivant et en perpétuelle mutation, il propose des nouveautés à chaque manifestation, tant au niveau des expositions que des actions.

 

mémoires de puisserguierParmi les diverses et multiples animations proposées pendant ces week end la palme revient aux épreuves du "Certif" qui ont obtenu un étonnant succès.

Etonnant, de même, le résultat des examens puisque 57% des "élèves" se sont vu remettre le fameux diplôme.(Liste des lauréats : Reçus à l'examen du Certif.pdf )

 

Le pressurage du raisin, l’origami resteront aussi autant de bons souvenirs.

 

Les membres de notre bureau remercient toutes les personnes qui ont permis que cette nouvelle participation de notre association aux journées européennes et au mois du Patrimoine rime avec succès. Nous vous donnons d’ores et déjà rendez vous :

 

- Le samedi 23 novembre 2013 pour la présentation (par l’auteur) et la diffusion du cahier « Saint Christophe, histoire d’une colline », 

- puis le samedi 7 décembre pour le « bar à soupes » des MémoiRes au profit du Téléthon.

 

mémoires de puisserguier

Sur rendez-vous possiblité de visite en soirée (nocturne) 

Le Centre de Ressources est ouvert tous les lundis de 15 H à 17 H et les vendredis de 10 H à 12 H ou sur rendez-vous.

Entrée libre et gratuite.

 

La vitrine des MémoiRes restera fermée jusqu’au 31 décembre en raison des travaux sur la promenade.

 

NB. : Ci-dessous les N° tirés au sort le 13 octobre

- n° 766 Tombola, gagnant du coffret "produits régionaux"

- n° 333 Tickets visiteurs, gagnant d'une bouteille de vin.

mercredi, 16 octobre 2013

Une bien belle idée !

« Maman, j’aimerais bien fêter mon anniversaire dans cette école ! » s’était exprimée la petite Marie Alice lors de sa visite du Centre de Ressources lors des journées européennes du patrimoine...

 

mémoires de puisserguierL’idée, étonnante à priori, a été adoptée sans hésitation, par les membres de notre bureau, et ce mercredi une douzaine de fillettes accompagnées de quelques mamans étaient présentes bien avant l’heure d’ouverture.

 

C’est ainsi que, tout l’après midi, ces « élèves » ont écouté attentivement nos animateurs leur expliquer la vigne et leur raconter la vie quotidienne de leurs arrières grands parents.

 

mémoires de puisserguierPuis ce fut le tour de l’atelier d’écriture à la plume sergent major et à l’encre violette.

Enfants et mamans se sont pris au jeu avec beaucoup d’intérêt et d’application.

 

L’atelier d’origami, proposé par Claude, a permis un retour à une période plus contemporaine et la confection de grues, et de fleurs, a passionné ce jeune auditoire.

 

mémoires de puisserguierAvant le goûter, la cour de l’école a retrouvé un moment sa vie d’antan avec les enfants jouant à la marelle ou à la corde à sauter.

 

Décidemment dans l’entourage des MémoiRes de Puisserguier,  adhérents et sympathisants ne  manquent pas d’originalité, d’imagination et d’enthousiasme.

 

 

Le slogan « Se rencontrer, rassembler, raconter » est une fois encore en pleine adéquation avec la philosophie de notre équipe.

 mémoires de puisserguier

mardi, 15 octobre 2013

La gare de mon enfance

En relisant le tome 1 des MémoiRes, dans l'article relatif à la gare de Puisserguier, je trouve une question qui m'avait échappé : Avez vous connu le bonheur de ces chemins de fer, pour aller où ?

Alors je réponds oui !

J’ai connu la gare de Puisserguier dans la fin des années 20 et le début des années 30, alors qu'elle était en plein essor, j'allais dire en pleine gloire. Car ce n'était pas une petite gare, vu le tonnage des marchandises qui y transitaient.
Sur  cette ligne, sur cette gare il y aurait de quoi écrire un livre. Pour l'immédiat, restons à l'essentiel.

Je dois d'abord préciser que ma connaissance des lieux vient de ce que j'y ai passé bien des jeudis de mon enfance, car mon père travaillait beaucoup par l'intermédiaire du réseau P.O. Midi qui deviendra plus tard la SNCF.

Et c'est d'ailleurs du fait de cette appartenance aux grands réseaux,  que cette ligne a connu pareille importance.

Des lignes de chemins de fer départementaux existaient bien dans la région, notamment Béziers / St Chinian ou Colombier / Maureilhan. Mais s'agissant de lignes à voie métrique, leur utilisation n'était envisageable que pour de courtes distances,  sinon il aurait fallu procéder à des transbordements entre les deux gares de Béziers Cet  inconvénient n'existait pas sur la ligne de Puisserguier, qui était reliée au réseau national. Et comme les transports routiers à grande distance  étaient à cette époque pratiquement inexistants, ne restait que le train pour expédier les produits régionaux vers les lieux de consommation. Ces produits étaient principalement le vin et le minerai. Oui ! Le minerai.
De St.Chinian à Murviel et Cazouls le vin était expédié principalement par la gare de Puisserguier vers les lieux de consommation.

Et quand on réalise qu'entre I925 et 1935 la moyenne annuelle de récolte de notre village ressort à 164.000 hectolitres,  si  on y ajoute  celles des villages voisins, ça représente  "un certain nombre " de wagons-foudres. Car au début, les wagons-citernes pas plus que les camions citernes n'existaient encore. Le vin était amené en gare en demi-muids et transvasé dans les wagons foudres.

En plus du vin il y avait le minerai. La bauxite des mines de Cazouls amenée en gare de Puisserguier par une noria de camions. En gare un quai de chargement était réservé à cette marchandise. Quand on lit sur internet que 1.700.000  tonnes de bauxite ont été extraites a Cazouls, quel beau trafic pour notre gare d'où elles partaient  je ne sais où.

Pour assurer le fonctionnement du service,   j'ai souvenance du chef de gare d'alors, un M. Serène,  logé au 1er étage du bâtiment et dont le fils a été, je crois, un joueur de l'A.S.Béziers.

M.  Serène était assisté de trois agents : M. Vidal, M. Thomas, doté d'un beau collier de barbe blanche, et M. Goarré.

A présent, pour visiter les lieux, plaçons-nous comme le photographe qui a pris le cliché figurant au milieu de la page 99 du Tome 1.

 

 

Gare de mon enfance1.jpg


Au premier plan, au pied du réverbère on aperçoit le butoir de la voie de garage où stationnaient les wagons en attente de chargement.

Le premier bâtiment, de moindre hauteur, était la "lampisterie" où était rangé le matériel d'exploitation : lampes, chariots, cales etc.

Dans le grand bâtiment, au 1er étage, se trouvait le logement du chef de gare. Au rez -de- chaussée, les deux portes devant le personnage donnent sur la salle d'attente et d'enregistrement de bagages ou des petits colis.

La troisième porte devant l'escalier donne sur le bureau des agents ou se trouvait notamment le télégraphe Morse qui m'intriguait beaucoup, principal instrument de communication entre les gares de la ligne.

Le dernier bâtiment, le hangar couvert avec le quai également couvert, enfin à hauteur du wagon, le quai découvert.

A l'opposé de ces quais se trouvait une cour pavée, surplombant le chemin du four a chaux et le Lirou. Cour bordée  par une voie de garage réservée au remplissage des wagons foudres et plus tard des wagons citernes.

 

 

Gare de mon enfance.jpg


La visite est terminée, mais pas mes souvenirs. J'ai déjà dit qu’entre 8 et 12 ans j'étais familier des lieux et finalement connu de tous, y compris du personnel roulant sur leur locomotive modèle 050 T. Parfois tandis qu'ils "faisaient la manœuvre " pour déplacer les wagons d'un lieu à l'autre de la gare, ils me prenaient a leur bord, m'expliquaient le fonctionnement de la machine, puis   bonheur suprême, sous leur surveillance, j'actionnais le levier ou l'inverseur pour faire avancer ou reculer ce monstre énorme.

Je ne suis pas prêt d'oublier.

Je n'évoque que pour mémoire le trafic passager, car il était pratiquement nul, sauf pour aller à Narbonne avant que les autobus Asset desservent cette destination.

Rédaction/narration : Jacques

M. Christian Rochette a retrouvé sur un site d'amis cheminots ces photos de wagons citernes estampillées "Marcel Rouanet - PUISSERGUIER (Hérault)". Il ne s'agit que de maquettes, mais quels beaux témoignages.

Wagon Marcel Rouanet 3.jpg

lundi, 07 octobre 2013

MOIS du Patrimoine 2013 : Les MémoiRes dans les pas de Jules Ferry

mémoires de puisserguier'est le thème proposé par notre association, les MémoiRes de Puisserguier, pour notre participation à cette nouvelle édition aux Journées européennes

et au Mois du Patrimoine qui se déroulent  

jusqu'au dimanche 13 octobre.

 mémoires de puisserguier

Est-il besoin de rappeler que notre Centre de Ressources, musée incontournable du village, qui vous accueillera est installé dans l’ancienne école publique, alliant ainsi le patrimoine « bâti » au patrimoine « humain » privilégié par notre dynamique équipe.

  

Dans ce cadre rempli de souvenirs nostalgiques, durant le week end des journées du patrimoine, des animations non stop vous feront retrouver la magie de Puisserguier, au siècle dernier !

 

Vous vous essaierez à l’écriture à la plume Sergent Major et à l’encre violette, au calcul mental, aux épreuves du certificat d’études primaires sur d’anciens pupitres en bois.

mémoires de puisserguier

 

Dans la cour, au moment béni de la récré, marelles, osselets, cordes à sauter et rondes enfantines vous feront retomber en enfance. Les moins assidus pourront se balader dans un intérieur d’autrefois, faire leurs courses dans les commerces d’antan. Ils pourront s’asseoir à la terrasse du “Grand café glacier” et prendre part à la “partie de cartes”…

Sous l’aile d’un “ancien”, ils retrouveront ou apprendront à connaître les objets et la culture de la vigne, la vie de la forge et du garage.

Un jeu de piste permettra de découvrir le village.

 *Les bénévoles de la bibliothèque municipale se joindront à la manifestation et ouvriront les portes au public, afin de permettre la découverte d’autres salles de classe et de présenter le très large éventail d’ouvrages.

A noter que l’association « Maquisards reconstitutions » partenaire des MémoiRes vous proposera son camp reconstitué installé sur le parking attenant au Centre de Ressources.

*Uniquement les 14 et 15 septembre 

 

mémoires de puisserguierAvec son slogan immuable : « Se rencontrer, rassembler, raconter » fondements des mémoiRes, notre association vous donne rendez vous durant ce mois exceptionnel.

 

  

 

dimanche, 06 octobre 2013

L’escobilhaire

Dans notre village, le ramassage des ordures ménagères n’a pas toujours été géré de la façon que nous connaissons actuellement.

Si je remonte loin dans mes souvenirs, je me rappelle, que la commune donnait en adjudication le ramassage des ordures à un particulier.

Je revois Monsieur Turuella, père de Jean et grand-père des frères Herrero, qui passait dans les rues du village avec son cheval attelé à un tombereau bleu.

 

mémoires de puisserguier

 

Ceci se passait dans les années 40 et à cette époque là, on ne connaissait pas les poubelles, tout au moins à Puisserguier. Ce qui veut dire que les ordures étaient déversées en tas, à même la chaussée, devant chaque maison. mémoires de puisserguier

Elles étaient ramassées avec une grande pelle et un énorme balai de bruyère. Je vous laisse penser le travail que cela représentait

Monsieur Turuella ne pouvant passer que dans les grandes artères, l’intérieur du village était nettoyé par une dame qu’on appelait la Marinou. Equipée d’une brouette, d’une pelle et d’un balai elle ramassait les ordures et les transportait à un endroit précis qui servait de relais.

Lorsque le tombereau était plein il était déversé dans une décharge sauvage, à ciel ouvert. A ce moment là on les déversait à la Rouquette, avant de les amener bien plus tard, à l’endroit que l’on nomme actuellement le plan des quatre vents.

 

mémoires de puisserguier

 

Les décharges de cette époque n’étaient ni gardées, ni règlementées, ce qui faisait le bonheur des « fouineurs » et des collectionneurs. Si on se trouvait là au bon moment, on pouvait faire des trouvailles pour le moins intéressantes : vieux papiers de famille, vieux journaux, objets devenus aujourd’hui obsolètes mais qui actuellement font la joie des amateurs de vide greniers.

 

La mission de Monsieur Turuella ne s’arrêtait pas là. Lors des enterrements, il attelait son cheval au corbillard. Pour les enterrements il existait trois classes, (tout au moins à l’église) Lors des enterrements de première classe, le cheval était tout caparaçonné avec des « vêtements » noirs liserés de blanc, et le corbillard était orné de plumets noirs à chaque angle. Ce qui ne manquait pas d’impressionner la petite fille que j’étais alors. Du cheval on ne voyait que les jambes et deux yeux noirs qui perçaient à travers les fentes des oeillères.

 

Ce mode de ramassage prit fin sous la municipalité "Garrigue". La commune fit alors l’acquisition d’un camion benne que conduisait Robert Gleize, qui était assisté d’une personne qui déversait les poubelles dans la benne. Je pourrai citer plusieurs noms d’assistants mais le dernier fut, du moins je le pense, Roger Aguilar. Tous les déchets étant jetés en vrac, les jours de grand vent, le pauvre Roger, en prenait plein la figure, surtout en période hivernale, lorsqu’il y avait beaucoup de cendres.

Comme il n’y avait plus de cheval la commune fit l’acquisition d’un fourgon qui avait été réformé par les PFG, pour servir de corbillard. Deux employés municipaux étaient donc chargés des pompes funèbres. C’est état de fait perdura sous le long mandat de Lucien Dachary et sous celui de Francine Sénégas.

Plutôt que de remplacer le fourgon, qui était devenu obsolète, et de faire agréer une personne supplémentaire, Jean-Claude Jany qui entre temps était devenu le nouveau maire, préféra mettre un terme à cette longue coutume et délégua ce service à « une firme spécialisée » ce qui représente, sans conteste, un coût beaucoup plus élevé pour les familles.

Je regrette beaucoup cet état de fait, car c’est bien connu, actuellement on fait commerce de tout, même avec la mort.

Je ne vous dirai pas sous quel maire, (M. Dachary, Mme Sénégas ?) la commune se dota d’un camion benne performant, parfaitement adapté au ramassage des ordures ménagères, ce qui fut un progrès considérable, suivi d’un autre progrès lors de la fermeture de la décharge à ciel ouvert.

Elle avait beau être entourée d’un grillage d’une hauteur respectable, les vignes alentour bénéficiaient des apports de sacs plastique charriés par le vent, ce qui était tout d’abord très inesthétique et certainement pas très ragoûtant pour les propriétaires riverains, surtout au moment où la récolte était là, bien appétissante. 

 

mémoires de puisserguier

Dorénavant c’est la communauté des communes qui se charge du ramassage des ordures pour toutes les communes qui la composent, avec un immense plus, puisque nous sommes passés à l’heure du tri sélectif.

Narration/rédaction : Monique

 

 

@ Bonjour,

mémoires de puisserguierJ'ai 51 ans et suis originaire de Balaruc Le Vieux (La Capitale).

Dans ce Balaruc là, il y a le Truc de Balaruc et le Muge est l'animal totemique du village où vivent ses habitants, les Enfangach (les enfangués à cause de la vase de l'étang).

Bon, bref, jusqu'au début des années 70, j'ai connu l'escobilhaire dans ma commune et il avait les mêmes outils (cheval, puis tracteur avec un tombereau) et promenait une "tinette" où les particuliers vidaient leur pot de chambre.

 

mémoires de puisserguier

 

Il avait aussi les mêmes attributions qu'à Puisserguier concernant les Pompes Funèbres.

Cordialement,

Eric.

P.S. : Pardon pour le cheval qui n'est pas un outil mais une bête magnifique.